AT-5

Groupe de solutions 5.1.2

Approches intégrées pour améliorer la résilience du système alimentaire

Les « approches intégrées » sont proposées comme un moyen puissant d'améliorer la résilience du système alimentaire. Dans cette note, ils sont définis comme des approches des systèmes alimentaires qui intègrent les parties prenantes concernées dans les secteurs concernés à travers les niveaux administratifs pertinents. L'« intégration » peut être considérée comme une hiérarchie, c'est-à-dire l'intégration d'actions de niveau relativement inférieur pour obtenir un résultat de niveau supérieur. Il appartient aux utilisateurs de telles approches de définir l'objectif et donc d'identifier les parties prenantes, les secteurs et les niveaux administratifs pertinents à inclure en fonction du contexte et des circonstances pertinentes. Les approches intégrées ont un rôle crucial dans la réalisation d'une transformation durable des systèmes alimentaires en général, mais, dans cette note, l'accent est mis sur leur rôle dans l'amélioration de la résilience des systèmes alimentaires.

Certains principes clés doivent être respectés lors de l'élaboration et de l'application d'approches intégrées. Il s'agit notamment (i) de fournir des régimes alimentaires sains à partir de systèmes alimentaires écologiquement, socialement et économiquement durables ; (ii) être centré sur les personnes, garantir l'équité et ne laisser personne de côté ; (iii) viser une trajectoire zéro carbone net ; (iv) le maintien d'un sol sain et d'autres ressources naturelles ; (v) être spécifique au contexte ; et (v) adopter une « approche systémique ».

Alors que les avantages des approches intégrées pour améliorer la résilience des systèmes alimentaires sont généralement reconnus, les actions nécessaires pour les mettre en œuvre ne sont pas suffisamment claires, ce qui entrave leur mise en œuvre à grande échelle. Par conséquent, alors qu'il existe déjà un soutien important pour les approches intégrées en principe, l'élaboration d'un document d'orientation sur la façon de les réaliser et les avantages qu'elles peuvent apporter, donnera un nouvel élan à leur mise à l'échelle.

À propos de ce cluster de solutions

Le mode de fonctionnement actuel des systèmes alimentaires donne lieu à une série de résultats insatisfaisants : plus de 820 millions de personnes ont faim et au moins 2 milliards de plus manquent de nutriments suffisants ; pourtant, paradoxalement, il y a aussi plus de 2 milliards de personnes en surpoids ou obèses. L'impact environnemental sur la base de ressources naturelles qui sous-tend la sécurité alimentaire est tout aussi préoccupant. Ce changement environnemental, associé à un large éventail de chocs et de stress socioéconomiques, affectera de manière disproportionnée les personnes les plus vulnérables, et notamment les petits exploitants du monde en développement qui sont les moins bien équipés pour faire face aux stress supplémentaires qu'ils entraîneront.

L'amélioration de la résilience des systèmes alimentaires et la gestion durable des ressources naturelles nécessitent des approches holistiques, contextuelles et centrées sur les personnes qui répondent à la fois aux besoins à court terme et à une vision à long terme. Cela nécessite également l'adoption d'une ou plusieurs approches intégrées qui permettent une prise en compte appropriée des liens entre les systèmes humains et environnementaux afin d'améliorer simultanément la santé humaine et environnementale, les moyens de subsistance et la gouvernance des ressources naturelles.

Les approches intégrées peuvent contribuer de manière significative à la réalisation des ODD et des objectifs de l'Accord de Paris, en particulier ODD2 (Faim Zéro), ODD3 (Bonne santé et bien-être), ODD 5 (égalité des genres), ODD6 (Eau propre et assainissement), ODD7 ( Énergie abordable et propre), ODD12 (Consommation et production durables), ODD13 (Action pour le climat), ODD14 (Vie sous l'eau) et ODD15 (Vie terrestre). Ils peuvent également soutenir les objectifs et les plans d'action des conventions internationales telles que l'UNCBD, la CCNUCC et l'UNCDD. Les approches intégrées contribuent également à la mise à l'échelle des ensembles d'innovations sociotechniques par le biais de partenariats multipartites et d'acteurs et d'initiatives et d'investissements alignés.

Dans la note (et incluant la théorie du changement présentée en annexe 1), le concept d'approches intégrées est illustré par trois exemples, à savoir l'agroécologie selon les 13 principes énoncés dans la Rapport du HLPE (2019), Nexus Eau-Énergie-Alimentation et Gouvernance Territoriale. Ce sont individuellement de bons exemples des avantages que les approches intégrées pourraient apporter pour améliorer la résilience des systèmes alimentaires, mais encore plus si elles sont elles-mêmes intégrées. En effet, leur intégration nous permettra d'améliorer simultanément la santé humaine et environnementale, les moyens de subsistance et la gouvernance des ressources naturelles grâce à une mise à l'échelle réussie des ensembles d'innovations sociotechniques par le biais de partenariats multipartites et d'acteurs et d'initiatives et d'investissements alignés.

Il existe également plusieurs partenariats multipartites en cours à différents niveaux sur des approches intégrées, et ceux-ci seraient utilisés pour accélérer leur mise à l'échelle. Les exemples incluent le Amis de l'agroécologie, L'eau et l'énergie pour l'alimentation (W4F) initiative internationale conjointe, et le Programme de l'OCDE sur une approche territoriale des ODD.

Le développement et la mise en œuvre d'approches intégrées pour des systèmes alimentaires résilients nécessitent trois étapes :

Étape 1 implique de répondre à quatre questions clés pour « cadrer » toute action donnée visant à améliorer la résilience du système alimentaire : (1) la résilience de quoi, (2) la résilience à quoi, (3) la résilience du point de vue de qui, et (4) la résilience sur quelle période ? Cette étape initiale donne le « cadre » pour savoir qui doit faire quoi pour fournir une « solution » donnée (action).

Étape 2 vise ensuite à développer une approche intégrée qui améliore la résilience du système alimentaire. Ceci est réalisé en reconnaissant comment les intérêts et les valeurs des acteurs du système alimentaire orientent leurs activités variées ; qui conduisent ensuite à des résultats d'intérêt pour le système alimentaire (sécurité alimentaire et autres objectifs socio-économiques et environnementaux). Ceux-ci, à leur tour, génèrent les investissements nécessaires et le changement de comportement des acteurs impliqués.

Étape 3 est l'action réelle ou les moyens par lesquels nous pouvons créer des incitations et des réglementations et impliquer de multiples acteurs dans le processus.

Il est cependant très important d'être clair sur le(s) aspect(s) du système alimentaire que l'on vise à améliorer (étape 1), et donc ce qui doit être intégré pour y parvenir (étapes 2 et 3).

Le diagramme de la théorie du changement ci-dessous utilise l'agroécologie, le WEF Nexus et la gouvernance territoriale comme exemples d'approches qui, lorsqu'elles sont intégrées, peuvent améliorer considérablement la résilience des systèmes alimentaires. D'autres sous-clusters AT fournissent de nombreux autres exemples d'approches intégrées, y compris celles sur la localisation des systèmes alimentaires (AT5), la transformation par l'agroécologie/le cluster de solutions d'agriculture régénérative (AT3) et les centres de refroidissement communautaires et l'énergie propre (AT1).

Il y a un accord croissant sur le rôle clé que jouent les approches intégrées pour rendre la transformation du système alimentaire durable, donc pour toutes les pistes d'action. En tant que telles, ces approches, dont les avantages sont bien prouvés et reconnus, constituent un moyen très rentable de changer la donne pour atteindre les objectifs de l'UNFSS et, plus largement, les ODD, ainsi que les cibles de l'Accord de Paris.

Tableau récapitulatif sur la catégorisation des propositions soumises sous le groupe de solutions 1.2. Approches intégrées de la résilience des systèmes alimentaires – contre les approches agro-écologiques et WEF Nexus.

 

Note : Bien qu'aucune solution n'ait été spécifiquement proposée concernant la gouvernance territoriale, cette approche est cruciale pour le succès de toutes celles proposées 

 

Solutions 

Agroécologie

Nexus WEF

Approches intégrées de la gestion durable des sols

X

 

Soutien et utilisation des banques de gènes pour la conservation à long terme de la diversité alimentaire

X

 

Utilisation durable circulaire des résidus du système alimentaire et des eaux usées

 

X

Des systèmes pastoraux résilients et durables  

X

 

Utilisation d'énergies propres dans les systèmes alimentaires (FAO)

 

X

Approche adaptative centrée sur l'humain pour une gestion résiliente et durable de l'eau 

 

X

Course à l'échelle de l'agriculture positive pour la résilience

X

 

Des systèmes alimentaires résilients au Népal 

X

 

Économie circulaire de la production de bambou en Italie

 

X

Agriculteurs s'adaptant au changement climatique grâce à une approche WEF au Belize

 

X

Renforcement des capacités techniques et entrepreneuriales dans les pays africains et les universités pour déployer les énergies renouvelables 

 

X

Intensifier l'agriculture de conservation pour améliorer la résilience des petits agriculteurs au Zimbabwe

X

 

Résilience des agriculteurs face aux chocs climatiques et COVID 19 au Canada 

X

 

Gestion des bassins versants en Jamaïque

X

 

Accès universel à des solutions de cuisson propres (modernes) 

 

X

Intendance de l'eau agricole et réglementations et politiques connexes pour inciter les systèmes agroalimentaires à faible teneur en carbone et en eau

 

X

Faire progresser l'adoption à grande échelle de l'agroécologie dans les fermes et les parcours

X

 



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